
John Wayne, un homme, une légende
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| | La prisonnière du désert -The searcher. | |
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 | Sujet: Re: La prisonnière du désert -The searcher. Mar 19 Juin - 1:23 | |
| Article du Monde sur le 50e anniversaire du film. . Les 50 ans de “La prisonnière du désert” de Ford (article du Monde)

‘est en plein mois d’août 1956 qu’est sortie en France La Prisonnière du désert, de John Ford. A l’occasion du cinquantenaire du film, Warner sort un double DVD qui contient une version admirablement restaurée du film et des suppléments passionnants (entretiens avec des cinéastes américains contemporains, extraits d’un bouleversant film amateur sur le tournage, spots publicitaires télévisés).

 Si le film est, presque unanimement, reconnu aujourd’hui comme une des oeuvres les plus importantes du cinéma américain, il n’en a pas toujours été ainsi. Au départ, il y a un fait historique : le kidnapping au Texas, en 1836, d’une petite fille qui deviendra la femme d’un chef Comanche et sera retrouvée plusieurs années plus tard, et ramenée de force dans la communauté blanche malgré ses protestations. .
. Cet événement a fourni la matière d’un livre écrit par Alan Le May. John Ford, décidé à revenir à ce qui est considéré comme son genre de prédilection, le western, adapte le récit d’origine avec l’aide de son scénariste habituel, Frank S. Nugent, en y introduisant de substantielles modifications. Le livre décrivait la quête de deux Texans à la recherche d’une petite fille enlevée par les Indiens. Le scénario transforme le centre d’intérêt du récit en s’attachant davantage au plus âgé, en faisant de l’autre un jeune métis et de la petite fille enlevée, devenue adolescente, la femme et non la fille adoptée du chef indien. La quête des deux hommes durera plusieurs années et les événements dévoileront progressivement l’ambiguïté radicale de leurs motivations. Le tournage débute en juin 1955 à Monument Valley, désert de l’Utah qu’affectionnait Ford et qu’il avait immortalisé dans plusieurs westerns. The Searchers (titre original) rencontre un certain succès public aux Etats-Unis et un relatif mais convenu soutien critique. La sortie en France de ce qui a été titré La Prisonnière du désert se fait donc en plein été. Une sortie discrète pour ce qui n’a été globalement considéré que comme un western de plus. L’aveuglement fut quasi général et les critiques seront insensibles à son insondable complexité. Les Cahiers du cinéma lui consacrèrent une courte notule déçue. Ford n’était plus en cour et beaucoup regrettaient sa précédente période, celle du cinéaste humaniste, spécialiste des grands sujets, parfois couvert d’Oscars, l’auteur du Mouchard, des Raisins de la colère, de Qu’elle était verte ma vallée. Si le mélange des genres a désarçonné les commentateurs, c’est surtout la noirceur et la cruauté qui dominent, notamment dans la peinture d’un héros raciste, soldat perdu de la guerre de Sécession, incarné par John Wayne, décidé tout le long du film non pas à sauver la captive mais à effacer la souillure de la promiscuité sexuelle avec les Indiens en la tuant. Jean de Baroncelli dans Le Monde, s’il est d’une indulgence un peu condescendante, regrettera que “le caractère (du) principal héros reste obscur. Nous aurions aimé en apprendre un peu plus sur les raisons de son extravagant préjugé racial”. Radio cinéma télévision (ancêtre de Télérama) écrira : “Si la haine est une passion qui fait partie de la nature humaine, on admet mal qu’elle se présente dans une oeuvre comme une donnée acceptable…” Le racisme du personnage principal est projeté sur le réalisateur. Les conventions du western y sont devenues d’impossibles et insolubles contradictions, et tout monde y perd son latin. La reconnaissance viendra plus tard progressivement. Dans Les Cahiers du cinéma de novembre 1966, Jean-Luc Godard écrira : “Comment puis-je haïr John Wayne (…) qui soutient Goldwater et l’aimer tendrement quand il prend brusquement Nathalie Wood dans ses bras dans l’avant-dernière bobine de La Prisonnière du désert ?” Désormais La Prisonnière du désert est considérée comme une oeuvre-somme, une forme d’accomplissement, le symptôme d’une histoire qui s’achève (celle de “l’ancien” Hollywood) et d’un genre (le western) qui atteignait là ses limites, mais aussi comme un film séminal, qui allait contenir tous les récits à venir d’un Hollywood qui ne sera plus jamais comme avant. Dans son premier long-métrage Who’s that Knocking at my Door, Martin Scorsese filme, en 1967, une longue conversation sur le film de Ford entre Harvey Keitel et la jeune fille qu’il tente de draguer. Il insérera un extrait de La Prisonnière du désert dans Mean Streets et la structure de Taxi Driver est calquée sur celle du film de Ford. Tout comme celle de La Guerre des étoiles, de George Lucas, de Hardcore, de Paul Schrader. Michael Cimino ou John Milius (scénariste d‘Apocalypse Now et réalisateur) revendiquent son influence. La Prisonnière du désert est un étendard, un point de ralliement pour de nombreux cinéastes de ce que l’on a appelé le “nouvel Hollywood”. Ceux-ci y ont vu l’origine de leur propre cinéma, hanté et chaotique. Si le propre d’une véritable oeuvre d’art est d’être en avance sur son temps, alors La Prisonnière du désert correspond bien à cette définition.
“La Prisonnière du désert”, de John Ford, 1 coffret de 2 DVD Warner Home Video “édition collector”.
Dernière édition par le Sam 26 Jan - 23:33, édité 3 fois |
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   Age : 20 Inscrit le : 06 Mar 2007 Messages : 308 Localisation : Lincoln County Emploi : étudiant Loisirs : western-ciné-foot
 | Sujet: Re: La prisonnière du désert -The searcher. Mar 19 Juin - 1:44 | |
| En passant : j'ai eu le DVD collector en main tout à l'heure, j'ai bien regardé mais le prix m'a tout de suite fait reculer en totu cas pour le moment, on verra d'ici quelques mois, en attendant je me console avec ma version simple  |
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 | Sujet: Re: La prisonnière du désert -The searcher. Mar 19 Juin - 1:46 | |
| Si tu peux plus tard il est excellent, ça vaut le coup, les bonus sont extras il y a Scorcese, Milius et le fils de Wayne et quelques autres qui décryptent le film. Bon je te dis bonne nuit Je te prends sur msn bientot un de ces 4 ciao El Vixare. |
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   Age : 20 Inscrit le : 06 Mar 2007 Messages : 308 Localisation : Lincoln County Emploi : étudiant Loisirs : western-ciné-foot
 | Sujet: Re: La prisonnière du désert -The searcher. Mar 19 Juin - 2:12 | |
| Ok, je verrai quand je pourrai ... pour la musique, c'est quand tu voudras Bonne nuit à toi  |
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 | Sujet: Re: La prisonnière du désert -The searcher. Mer 20 Juin - 17:21 | |
| Analyse The searcher par Samir Adjoun
Monumental Valley J'aime ce film. Je ne l'ai jamais trompé, sauf avec d'autres œuvres de John Ford. Ce grand personnage d'origine irlandaise fait partie de « ce petit groupe de cinéastes américains qui n'ont jamais changé avec les années. Rien n'a pu entamer leurs convictions. Durant l'âge d'or du muet, ils étaient les maîtres à bord ; ils n'ont pas perdu leur liberté », dixit Robert Parrish.Martin Scorsese le clame haut et fort « C'est le plus grand film de l'histoire du cinéma américain ». Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon ont fait mieux : Ils l'ont choisi pour illustrer la couverture de leurs « 50 ans de cinéma américain ». Je veux parler de ce plan admirable où l'on voit John Wayne, de dos, s'éloigner pour aller rejoindre ce qui sera peut-être son destin. Un plan typiquement fordien car tout y est : émotion - sensibilité - tragédie. Un plan d'une noirceur shakespearienne. The Searchers (titre original) est une œuvre inclassable dans la filmographie de John Ford. Pour une fois, le héros fordien incarné habituellement par John Wayne, n'est plus le digne représentant de la nation américaine. Il n'a plus ces convictions, ces valeurs familiales et religieuses que John Ford aimait tant exalter (voir dans Les Raisins de la colère ou bien dans Vers son destin).Du portrait d'Ethan (le personnage incarné par John Wayne), Ford fait un héros inhabituel chez lui excepté dans son acharnement à atteindre son but… Une quête ? Exactement ! La Prisonnière du désert raconte la quête d'Ethan. Celui-ci revient, on ne sait d'où, chez son frère. Au cours d'un raid commanche, le frère et toute sa famille sont massacrés; ne reste que la fille cadette, Debbie. Pendant des années, Ethan et Martin (celui-ci fut trouvé par Ethan lorsqu'il n'était qu'un bébé), pourchassent Scar, le chef indien. Ils apprennent que Debbie est vivante. Ethan pense alors à la tuer car après ces années, devenue indienne, elle serait irrécupérable. Martin refuse cette solution. Ils la retrouvent mais la rencontre se transforme en massacre. Ethan parvient à scalper Scar et conduit Debbie dans une famille amie qui l'accueille. Il repart ensuite, seul, on ne sait où.Ethan (John Wayne) et Martin (Jeffrey Hunter) sont deux êtres diamétralement opposés. L'un est irascible et ambigu, l'autre est courageux mais désordonné. Leur opposition sera violente mais nécessaire. En effet, en ramenant Debbie, Ethan sait pertinement qu'il ne pourra pas rester avec elle. Il a appris tout au long de cette quête initiatique, qu'il était fautif dans tous les sens du terme. C'est parce qu'il s'est exclu du groupe (la famille) qu'il ne peut qu'errer dans la vie (voir la dernière séquence du film). Plus qu'une fable philosophique, cet œuvre est une méditation sur l'exclusion et sur les différentes formes de haine que cela peut engendrer.Il n’y a pas de mots, pas de phrases pour qualifier les cinq premières minutes de cet œuvre. Plan 1 : fond noir. Deux indications. Une date et un lieu, 1888 au Texas. Plan 2 : une porte s'ouvre. Une musique, une ballade langoureuse et nostalgique. Une jeune femme, de dos, apparaît dans le champs. Elle se trouve sur le perron de sa maison. Rapidement, elle est rejointe par tous les membres de sa famille. Ils aperçoivent au loin, un mystérieux cavalier qui se dirige vers eux. Ils le reconnaissent…. C'est Ethan.Dès le début, Ford réussit à nous émerveiller par la qualité technique de sa mise en scène et par la grâce de ses interprètes. De plus tous les thèmes de cette histoire sont présents. D'un côté, nous avons cette famille soudée autour d'un personnage central, la mère. De l'autre côté, se tient cet homme énigmatique qu'on a du mal à distinguer et qui n'est autre que Ethan. L'individualisme face à la solidarité !Les « entrées » et les « sorties » dans l'œuvre de Ford ont toujours été très présents. Dans The Searchers, il y en a peu sauf dans la première et dernière séquence. Je m'explique : Ford a ouvert un livre, probablement un recueil d'histoires sur l'Ouest américain. Le récit qu'il a choisi de nous faire partager, se déroule en 1888 au Texas. 1 L'Entrée : la mère ouvre la porte de sa maison pour voir arriver Ethan. 2 La Sortie : Ethan ramène Debbie chez elle. La porte (symbole) se referme sur Ethan, quittant cet endroit, complètement seul.Comme chez Rossellini, le mode de narration est rigoureusement mis en valeur par une mise en scène qu'on pourrait qualifier de lyrique. Le but que s'est donné Ford est de rendre plus vrai les sentiments des protagonistes. Pour cela, il utilise de longs travellings qui lui permettent d'intensifier la beauté de leurs visages. John Ford, le cinéaste du regard.La Prisonnière du désert est à rapprocher de La Grande illusion pour son humanisme. Même si pour la première fois dans sa carrière, Ford a réalisé un film douloureusement pessimiste, il n'a pas oublié de glorifier des valeurs qui lui sont chères, la famille et l'honneur de l'être humain.[email]Samir Ardjoun[/email] mardi 18 juillet, 22h : Cinéma en plein air à la villette |
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 | Sujet: Re: La prisonnière du désert -The searcher. Mar 4 Sep - 23:48 | |
| A propos de «La prisonnière du désert»
J’écris ce post en écoutant Kris Kristofferson, deux albums, San Francisco Mabel Joy et This old Road. C’est assez étonnant comment ce grand acteur-chanteur chante faux et pourtant bien. Fin de la parenthèse, qui, sans doute, n’intéresse que moi. Revenons à John Ford. Un de mes correspondants me reproche gentiment : «Mais vous oubliez The Searchers ! (La prisonnière du désert) Quand même ! Que Deus le abencoe (sic), Edouard !» Revenons donc à cette Prisonnière du désert. D’abord, mais ce n’est en rien un argument, ce film n’est pas projeté dans la rétrospective de l’Institut lumière. On est en droit de le regretter, et de toute façon, ce n’est pas de cela que je veux parler .
La Prisonnière du désert a été l’un des premiers Ford à être reconnu par la Nouvelle Vague, qui a souvent snobé les films de ce descendant d’Irlandais. Il me semble que Jean-Luc Godard aimait beaucoup ce film, qu’il a écrit quelque part (je ne me souviens plus où) qu’à la fin, quand John Wayne, Ethan Edwards, prend Nathalie Wood, la nièce d'Ethan devenue indienne, dans les bras, on ne peut qu’essuyer une larme. Enfin à peu près. Les Anglo-saxons n’étaient pas en reste. Dans The Cinema of John Ford, John Baxter n’est pas moins dithyrambique qui écrit «peut-être le plus parfait des exposés philosophiques de Ford». Et Andrew Sarris, suiveur new-yorkais des Cahiers du cinéma, de renchérir dans The John Ford Movie Mystery en qualifiant le film de «son poème le plus éloquent».

Enfin, Joseph McBride, fordien émérite, auteur du livre à paraître en français sur le sujet (je vous rappelle, A la recherche de John Ford une vie, chez Actes Sud), d’enfoncer le clou, en collaboration avec Andrew Wilmington dans leur John Ford commun : «La prisonnière du désert a cette qualité à la fois précise et intangible qui caractérise le chef d’œuvre d’un artiste.» Fermez le ban ! Auteur d’un bouquin vraiment original sur Ford, Lindsay Anderson, cinéaste (If) et animateur du free cinéma anglais des années 60, écrivit quelque chose d’heureusement dissonant sur ce film : «Mon propre jugement sur La prisonnière du désert au moment de sa sortie était déjà beaucoup moins dithyrambique et je n’ai pas changé d’avis depuis… C’est une œuvre impressionnante, celle d’un grand artiste, mais elle ne peut figurer parmi les chefs d’œuvre de Ford . C’est un film exceptionnellement bien fait. Dès le début, les plans sont composés avec brio, avec des mouvements et des tableaux majestueux. Le prologue donne le ton…» Et Lindsay Anderson de raconter le plan d’arrivée d’Ethan Edwards (John Wayne) puis le sujet du film. C’est plus loin qu’il émet ses réserves. Il trouve que Ford en fait un peu trop, qu’il surcharge Ethan Edwards d’une destinée noire. Nathan part en solitaire à la fin alors qu’«aucun des personnages du film n’a fermé (la) porte,… que personne ne souhaite rejeter Ethan. … Cette fin est belle mais lui manque  l’authenticité, le "naturel" propre au génie de Ford.» En fait c’est pratiquement son maniérisme qu’Anderson reproche ici à Ford. De faire un cinéma trop conscient de lui-même. Je conseille à tous les amoureux fous de Ford de lire le John Ford de Lindsay Anderson (Hatier, dans une collection, la bibliothèque du cinéma, dirigée à l’époque, 1985, par Gilles Jacob).
P.S. Sergeant Rutledge, en français Le sergent noir, tourné par Ford en 1960 ressort ce mercredi à Paris. Ce film écrit par Willis Goldbeck et l'ancien complice de Ford, James Warner Bellah, contre le racisme  n’est pas un des plus grands films de son réalisateur, sauf par moments. James Warner Bellah, qui avait rompu avec Ford depuis des années et faisait son retour auprès de lui à cette occasion, nota d’ailleurs sur le tournage que le grand borgne «avait perdu un peu de sa fougue». N'empêche qu'un film un peu fatigué d’un grand maître vaut bien les essais énervés de certains petits malins d’aujourd’hui. Et puis, il témoigne aussi de ce tournant de la fin des années 50 et début des années 60, les années Kennedy, qui porta plus d’un cinéaste à s’intéresser à la question raciale. Plus d'un conservateur à se prendre pour un libéral. |
|  | | Vixare Admin


   Age : 20 Inscrit le : 06 Mar 2007 Messages : 308 Localisation : Lincoln County Emploi : étudiant Loisirs : western-ciné-foot
 | Sujet: Re: La prisonnière du désert -The searcher. Jeu 6 Sep - 1:50 | |
| Tout simplement, mon western favoris et la meilleur prestation de John  |
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 Inscrit le : 26 Fév 2007 Messages : 1576
 | Sujet: Re: La prisonnière du désert -The searcher. Sam 8 Sep - 11:11 | |
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Monumental Valley
La prisonnière du désert - John Ford
Etats Unis, 1956, 120 min.
John Ford, grand personnage d'origine irlandaise fait partie de « ce petit groupe de cinéastes américains qui n'ont jamais changé avec les années. Rien n'a pu entamer leurs convictions. Durant l'âge d'or du muet, ils étaient les maîtres à bord ; ils n'ont pas perdu leur liberté », dixit Robert Parrish.Martin Scorsese le clame haut et fort « C'est le plus grand film de l'histoire du cinéma américain ». Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon ont fait mieux : Ils l'ont choisi pour illustrer la couverture de leurs « 50 ans de cinéma américain ». Je veux parler de ce plan admirable où l'on voit John Wayne, de dos, s'éloigner pour aller rejoindre ce qui sera peut-être son destin. Un plan d'une noirceur shakespearienne. The Searchers (titre original) est une œuvre inclassable dans la filmographie de John Ford. Pour une fois, le héros fordien incarné habituellement par John Wayne, n'est plus le digne représentant de la nation américaine. Il n'a plus ces convictions, ces valeurs familiales et religieuses que John Ford aimait tant exalter (voir dans Les Raisins de la colère ou bien dans Vers son destin).
Du portrait d'Ethan (le personnage incarné par John Wayne), Ford fait un héros inhabituel chez lui excepté dans son acharnement à atteindre son but… Une quête ? Exactement ! La Prisonnière du désert raconte la quête d'Ethan. Celui-ci revient, on ne sait d'où, chez son frère. Au cours d'un raid commanche, le frère et toute sa famille sont massacrés; ne reste que la fille cadette, Debbie. Pendant des années, Ethan et Martin (celui-ci fut trouvé par Ethan lorsqu'il n'était qu'un bébé), pourchassent Scar, le chef indien. Ils apprennent que Debbie est vivante. Ethan pense alors à la tuer car après ces années, devenue indienne, elle serait irrécupérable. Martin refuse cette solution. Ils la retrouvent mais la rencontre se transforme en massacre. Ethan parvient à scalper Scar et conduit Debbie dans une famille amie qui l'accueille. Il repart ensuite, seul, on ne sait où.
Ethan (John Wayne) et Martin (Jeffrey Hunter) sont deux êtres diamétralement opposés. L'un est irascible et ambigu, l'autre est courageux mais désordonné. Leur opposition sera violente mais nécessaire. En effet, en ramenant Debbie, Ethan sait pertinement qu'il ne pourra pas rester avec elle. Il a appris tout au long de cette quête initiatique, qu'il était fautif dans tous les sens du terme. C'est parce qu'il s'est exclu du groupe (la famille) qu'il ne peut qu'errer dans la vie (voir la dernière séquence du film). Plus qu'une fable philosophique, cet œuvre est une méditation sur l'exclusion et sur les différentes formes de haine que cela peut engendrer.
Il n'y a pas de mots, pas de phrases pour qualifier les cinq premières minutes de cet œuvre. Plan 1 : fond noir. Deux indications. Une date et un lieu, 1888 au Texas. Plan 2 : une porte s'ouvre. Une musique, une ballade langoureuse et nostalgique. Une jeune femme, de dos, apparaît dans le champ. Elle se trouve sur le perron de sa maison. Rapidement, elle est rejointe par tous les membres de sa famille. Ils aperçoivent au loin, un mystérieux cavalier qui se dirige vers eux. Ils le reconnaissent…. C'est Ethan.
Dès le début, Ford réussit à nous émerveiller par la qualité technique de sa mise en scène et par la grâce de ses interprètes. De plus, tous les thèmes de cette histoire sont présents. D'un côté, nous avons cette famille soudée autour d'un personnage central, la mère. De l'autre côté, se tient cet homme énigmatique qu'on a du mal à distinguer et qui n'est autre que Ethan. L'individualisme face à la solidarité !
Les « entrées » et les « sorties » dans l'œuvre de Ford ont toujours été caractéristiques de l'oeuvre de John Ford. Dans The Searchers, il y en a peu sauf dans la première et dernière séquence, comme si Ford ouvrait un livre, probablement un recueil d'histoires sur l'Ouest américain. Ouvert avec la mère qui ouvre la porte de sa maison pour voir arriver Ethan et refermé avec Ethan qui ramène Debbie chez elle.
La Prisonnière du désert est à rapprocher de La Grande illusion pour son humanisme. Même si pour la première fois dans sa carrière, Ford a réalisé un film douloureusement pessimiste, il n'a pas oublié de glorifier des valeurs qui lui sont chères, la famille et l'honneur de l'être humain.
La prisonnière du désert De John Ford Avec John Wayne, Natalie Wood, Jeffrey Hunter Etats Unis, 1956, 2h |
|  | | Admin Admin


 Inscrit le : 26 Fév 2007 Messages : 1576
 | Sujet: Re: La prisonnière du désert -The searcher. Dim 9 Sep - 17:39 | |
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|  | | Admin Admin


 Inscrit le : 26 Fév 2007 Messages : 1576
 | Sujet: Re: La prisonnière du désert -The searcher. Ven 14 Sep - 9:49 | |
| La fin-The end.
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|  | | Vixare Admin


   Age : 20 Inscrit le : 06 Mar 2007 Messages : 308 Localisation : Lincoln County Emploi : étudiant Loisirs : western-ciné-foot
 | Sujet: Re: La prisonnière du désert -The searcher. Sam 15 Sep - 1:04 | |
| | Magnifique, quel grand film !!!!!! |
|  | | Admin Admin


 Inscrit le : 26 Fév 2007 Messages : 1576
 | Sujet: Re: La prisonnière du désert -The searcher. Mar 25 Sep - 0:17 | |
| THE MAKING OF THE SEARCHERS-PART ONE
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|  | | Admin Admin


 Inscrit le : 26 Fév 2007 Messages : 1576
 | Sujet: Re: La prisonnière du désert -The searcher. Mar 25 Sep - 0:20 | |
| THE MAKING OF THE SEARCHERS-PART TWO
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|  | | Admin Admin


 Inscrit le : 26 Fév 2007 Messages : 1576
 | Sujet: Re: La prisonnière du désert -The searcher. Mar 25 Sep - 0:22 | |
| THE MAKING OF THE SEARCHERS-PART THREE
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