John Wayne, un homme, une légende

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Le dernier des géants-The Shootist

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MessageSujet: Le dernier des géants-The Shootist   Mer 23 Avr - 21:58

Le dernier des géants-The Shootist

Bande d'annonce


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MessageSujet: Re: Le dernier des géants-The Shootist   Dim 4 Mai - 8:17


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MessageSujet: Re: Le dernier des géants-The Shootist   Lun 5 Mai - 9:42

Le Dernier des géants :
Sortie(s) : 17 août 1977 (France)20 août 1976 (USA)

Titre original: The Shootist
Genre: Drame,Western, Durée: 1h40 Pays: USA






Le casting du film


Réalisation :
Réalisateur(s) Don Siegel


Comédiens :
John Wayne
Lauren Bacall
Ron Howard
James Stewart
Richard Boone
Hugh O'Brian
Bill McKinney
Harry Morgan
John Carradine
Sheree North
Rick Lenz
Scatman Crothers
Kathleen O'Malley
Melody Thomas Scott


Scénario :

Scénariste(s) Glendon Swarthout
Scott Hale
Miles Hood Swarthout


Production/Distribution :

Distributeur(s) Paramount Pictures France (France)
Paramount Pictures (USA)

Éditeur DVD Seven 7

Informations annexes :

Lieux de tournage Carson City, Nevada, USA.
Krebs Peterson House, 500 Mountain Street, Carson City, Nevada, USA.
Warner Brothers Burbank Studios, 4000 Warner Boulevard, Burbank, Californie, USA.
Washoe Lake State Park, 4855 Eastlake Boulevard, Carson City, Nevada, USA.
Western Street, Warner Brothers Burbank Studios, 4000 Warner Boulevard, Burbank, Californie, USA.


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MessageSujet: Re: Le dernier des géants-The Shootist   Lun 5 Mai - 9:47

The Shootist, un film crépusculaire

Le film s’ouvre et se clôt sur des terres désolées. Des « no man’s land » annonçant l’évolution démographique du vaste territoire mais aussi symbolisant la perte et la fuite du temps. Les champs barbelés et hivernaux du début ont fait place à des toitures et des cheminées d’une ville désolée à la toute fin du film. Nous sommes en 1901. John Bernard Books (John Wayne) se rend à Carson city pour revoir son vieil ami, le docteur Hostetler (James Stewart), qui, dans le temps, lui sauva la vie. Arrivant le jour de la mort de la reine Victoria, John Bernard Books apprend qu’il souffre d’un cancer terriblement avancé. Il ne lui reste que quelques temps à vivre. Il va donc consacrer ses derniers jours à préparer son départ. Mais Books ne pourra échapper à sa réputation de « Shootist »…

The Shootist est donc un Western mais un western évacué de toutes ses figures de styles : Pas de chevauchée, pas de grands espaces et pas l’ombre d’un indien. Un film presque pauvre, dénué même de toute prétention stylistique. Un film qui ne s’encombre d’aucun message politique et qui n’a rien à raconter sinon les derniers jours d’un Gunfighter légendaire. S’il faut chercher une raison à cette sorte d’ascèse, c’est peut être parce qu’avant tout The Shootist est un film sur la mort.

La silhouette fantomatique de Books dans les premiers plans du film annonce en substance l’arrivée du prêtre dans Pale Rider d’Eastwood (1985). Le long plan séquence de la fin du générique nous fait découvrir le visage d’un vieillard malade et mourant. A peine arrivé dans la ville, Books est sommé par un citoyen de bouger « sa vieille carcasse ». Cette scène est un lointain écho à l’arrivée de Joel McCrea au début de Ride the High Country (Sam Peckinpah, 1962), le premier western crépusculaire de l’histoire. Dès l’annonce de sa mort prochaine, les habitants de Carson city vont réagir de deux manières :

- Certains vont tout faire pour exploiter financièrement un tel événement. Par exemple, le croque-mort (John Carradine) veut embaumer Books pour faire payer aux habitants de la ville 50 cents dans une procession caustique. Le chroniqueur, quant à lui, tente de publier une série d’aventures fallacieuses et mensongères sur le tueur sanglant d’un Ouest révolu…

- La dernière catégorie d’habitants veulent littéralement abattre Books pour la renommée et pour la gloire.

Le vieux tireur est donc déjà un homme mort avant même que sa dernière heure ne l’emporte.
Avec un rythme laconique et parfaitement maîtrisé, le film nous présente une formidable galerie de personnages qui vont tous participer à la tragédie des derniers jours de Books. Réduit en apparence à leurs anciennes fonctions de topos, ils acquièrent évidemment dans ce film une épaisseur toute particulière : Le Cow-Boy, Le Shérif, La Veuve, Le Docteur, Le Bandit et le Croque-mort n’obéissent plus aux traits grossiers des autres productions. Dans ce film en effet, ils constituent eux mêmes le cœur du drame, en particulier le personnage de la veuve Rogers (magnifiquement interprétée par Lauren Bacall).

Car nonobstant d’être l’un des plus poignants westerns crépusculaires qui soient, The Shootist est aussi l’histoire d’un amour arrivé trop tard. La veuve Rogers cultivera une antipathie profonde pour cet homme qu’elle considère comme un tueur sans âme jusqu'à ce que le vieil homme lui avoue son terrible secret. Dès lors une sorte de lien tissé de respect et de tendresse va s’établir entre eux. Don Siegel, dont The Shootist n’était qu’une commande, parvient malgré tout à établir avec délicatesse et subtilité leurs itinéraires sentimentaux respectifs.

Cependant, ce qui fait aussi la force mortifère de The Shootist est peut-être cette fin magistrale (une fin qui dépasse le film seul), celle de la mort du mythe John Wayne. Une John Wayne atteint du cancer dans le film et dans la vie. Le film dépasse ainsi son statut de simple film et parle de l'homme Wayne qui a tout fait pour jouer dans ce film en dépit de sa maladie. Le tournage a même dû être interrompu pour cette raison. Stewart et Bacall sachant Wayne mourant ont tenu à faire partie de la distribution pour rendre un dernier hommage à ce mythe du cinéma mondial.

......................

La mort du mythe John Wayne

The Shootist semble donc l’aboutissement miraculeux des travaux de Hawks et Ford. Le film est d’ailleurs logiquement rempli de références directes (Cf. Le montage d’extraits du pré générique notamment). Pourtant, pas de pathos hollywoodien, pas de larmes, juste la crudité d'un héros qui trépasse. The Shootist est violent pour ce qu’il a d’ extra filmique, voire même de méta filmique. John Wayne n'est plus présenté comme un héros invulnérable, froid avec les hommes, les jeunes et les femmes, il est ici sensible, vulnérable, atteint dans sa chair. Les personnages du film vont même jusqu'à se moquer violemment de lui pendant tout le film. Il perd son statut divin, il est redevenu homme. Derrière le tueur, le cœur.

La fin de The Shootist, donc, est ce constat brut de John Wayne abattu dans le dos par un vulgaire barman (une mort volontairement peu digne d'un tel héros), et le dernier plan de Wayne, est une image de lui mort, au sol, une veste sur son visage, au milieu de statues. Au dessus de son corps inerte, en face de nous, une statue d’aigle. L’ultime regard de Stewart regardant la dépouille est en ce sens le plan le plus ambigu et le plus terrifiant du film : un petit sourire vient naître sur son visage. Est-il heureux de voir le héros Wayne mort dans le feu de l'action plutôt que dans une maladie longue et indigne ? Ou Stewart sourit-il du spectacle de la mort d’un héros ? Un sourire devant la violence et la mort ? Ou vanité d’un vieil homme qui se sait encore en vie, et qui se sait plus résistant que son ami de longue date ? Echo subtil au film Liberty Valance ? Ou peut-être sourire devant un mensonge ?

Le personnage interprété par James Stewart annonce le cancer à Wayne au début du film, il lui annonce sa mort, il lui apporte la mort en définitive. Stewart serait-il finalement dans The Shootist l’aigle noir de la mort qui boucle le film dans ce sourire ? Ce dernier duel entre Wayne et la mort est fatal. L’histoire du western s’achève sur ce paroxysme, sans larmes ni trompettes patriotiques. Mais dans l’ambiguïté la plus saisissante d’un genre qui est passé du manichéisme au trouble, avant d’être emporté à son tour. Un genre de la violence qui a débuté sur l’extermination d'un peuple et de se conclure avec la mort d’un seul homme, le plus symbolique de ses représentants.
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MessageSujet: Re: Le dernier des géants-The Shootist   Lun 5 Mai - 9:48



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MessageSujet: Re: Le dernier des géants-The Shootist   Lun 5 Mai - 9:54




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