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 La prisonnière du désert - The searcher - 1956

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MessageSujet: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Lun 18 Juin - 23:18


John Ford : "C'est l'histoire d'un homme seul. C'est un homme qui revient de la guerre de Sécession, est probablement allé au Mexique, est devenu bandit... C'est un homme seul incapable de devenir partie intégrante d'une famille".
(The Searchers)

Arrow Bande d'annonce.






















don't ever ask me.....





The Searchers - Ending Scene


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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Lun 18 Juin - 23:23

Article du Monde sur le 50e anniversaire du film.
.
Les 50 ans de “La prisonnière du désert” de Ford (article du Monde)




‘est en plein mois d’août 1956 qu’est sortie en France La Prisonnière du désert, de John Ford. A l’occasion du cinquantenaire du film, Warner sort un double DVD qui contient une version admirablement restaurée du film et des suppléments passionnants (entretiens avec des cinéastes américains contemporains, extraits d’un bouleversant film amateur sur le tournage, spots publicitaires télévisés).






Si le film est, presque unanimement, reconnu aujourd’hui comme une des oeuvres les plus importantes du cinéma américain, il n’en a pas toujours été ainsi. Au départ, il y a un fait historique : le kidnapping au Texas, en 1836, d’une petite fille qui deviendra la femme d’un chef Comanche et sera retrouvée plusieurs années plus tard, et ramenée de force dans la communauté blanche malgré ses protestations.
.
.
Cet événement a fourni la matière d’un livre écrit par Alan Le May. John Ford, décidé à revenir à ce qui est considéré comme son genre de prédilection, le western, adapte le récit d’origine avec l’aide de son scénariste habituel, Frank S. Nugent, en y introduisant de substantielles modifications.
Le livre décrivait la quête de deux Texans à la recherche d’une petite fille enlevée par les Indiens. Le scénario transforme le centre d’intérêt du récit en s’attachant davantage au plus âgé, en faisant de l’autre un jeune métis et de la petite fille enlevée, devenue adolescente, la femme et non la fille adoptée du chef indien. La quête des deux hommes durera plusieurs années et les événements dévoileront progressivement l’ambiguïté radicale de leurs motivations.
Le tournage débute en juin 1955 à Monument Valley, désert de l’Utah qu’affectionnait Ford et qu’il avait immortalisé dans plusieurs westerns. The Searchers (titre original) rencontre un certain succès public aux Etats-Unis et un relatif mais convenu soutien critique.
La sortie en France de ce qui a été titré La Prisonnière du désert se fait donc en plein été. Une sortie discrète pour ce qui n’a été globalement considéré que comme un western de plus.
L’aveuglement fut quasi général et les critiques seront insensibles à son insondable complexité. Les Cahiers du cinéma lui consacrèrent une courte notule déçue. Ford n’était plus en cour et beaucoup regrettaient sa précédente période, celle du cinéaste humaniste, spécialiste des grands sujets, parfois couvert d’Oscars, l’auteur du Mouchard, des Raisins de la colère, de Qu’elle était verte ma vallée.
Si le mélange des genres a désarçonné les commentateurs, c’est surtout la noirceur et la cruauté qui dominent, notamment dans la peinture d’un héros raciste, soldat perdu de la guerre de Sécession, incarné par John Wayne, décidé tout le long du film non pas à sauver la captive mais à effacer la souillure de la promiscuité sexuelle avec les Indiens en la tuant.
Jean de Baroncelli dans Le Monde, s’il est d’une indulgence un peu condescendante, regrettera que “le caractère (du) principal héros reste obscur. Nous aurions aimé en apprendre un peu plus sur les raisons de son extravagant préjugé racial”.
Radio cinéma télévision (ancêtre de Télérama) écrira : “Si la haine est une passion qui fait partie de la nature humaine, on admet mal qu’elle se présente dans une oeuvre comme une donnée acceptable…”
Le racisme du personnage principal est projeté sur le réalisateur. Les conventions du western y sont devenues d’impossibles et insolubles contradictions, et tout monde y perd son latin.
La reconnaissance viendra plus tard progressivement. Dans Les Cahiers du cinéma de novembre 1966, Jean-Luc Godard écrira : “Comment puis-je haïr John Wayne (…) qui soutient Goldwater et l’aimer tendrement quand il prend brusquement Nathalie Wood dans ses bras dans l’avant-dernière bobine de La Prisonnière du désert ?”
Désormais La Prisonnière du désert est considérée comme une oeuvre-somme, une forme d’accomplissement, le symptôme d’une histoire qui s’achève (celle de “l’ancien” Hollywood) et d’un genre (le western) qui atteignait là ses limites, mais aussi comme un film séminal, qui allait contenir tous les récits à venir d’un Hollywood qui ne sera plus jamais comme avant.
Dans son premier long-métrage Who’s that Knocking at my Door, Martin Scorsese filme, en 1967, une longue conversation sur le film de Ford entre Harvey Keitel et la jeune fille qu’il tente de draguer. Il insérera un extrait de La Prisonnière du désert dans Mean Streets et la structure de Taxi Driver est calquée sur celle du film de Ford. Tout comme celle de La Guerre des étoiles, de George Lucas, de Hardcore, de Paul Schrader. Michael Cimino ou John Milius (scénariste d‘Apocalypse Now et réalisateur) revendiquent son influence.
La Prisonnière du désert est un étendard, un point de ralliement pour de nombreux cinéastes de ce que l’on a appelé le “nouvel Hollywood”. Ceux-ci y ont vu l’origine de leur propre cinéma, hanté et chaotique. Si le propre d’une véritable oeuvre d’art est d’être en avance sur son temps, alors La Prisonnière du désert correspond bien à cette définition.


“La Prisonnière du désert”, de John Ford, 1 coffret de 2 DVD Warner Home Video “édition collector”.


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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Lun 18 Juin - 23:44

En passant : j'ai eu le DVD collector en main tout à l'heure, j'ai bien regardé mais le prix m'a tout de suite fait reculer en totu cas pour le moment, on verra d'ici quelques mois, en attendant je me console avec ma version simple Laughing
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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Lun 18 Juin - 23:46

Si tu peux plus tard il est excellent, ça vaut le coup, les bonus sont extras il y a Scorcese, Milius et le fils de Wayne et quelques autres qui décryptent le film.
Bon je te dis bonne nuit Laughing Je te prends sur msn bientot un de ces 4 ciao El Vixare.copain
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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Mar 19 Juin - 0:12

Ok, je verrai quand je pourrai ... pour la musique, c'est quand tu voudras Wink Bonne nuit à toi Very Happy
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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Mer 20 Juin - 15:21

Analyse The searcher par Samir Adjoun






Monumental Valley


J'aime ce film. Je ne l'ai jamais trompé, sauf avec d'autres œuvres de John Ford. Ce grand personnage d'origine irlandaise fait partie de « ce petit groupe de cinéastes américains qui n'ont jamais changé avec les années. Rien n'a pu entamer leurs convictions. Durant l'âge d'or du muet, ils étaient les maîtres à bord ; ils n'ont pas perdu leur liberté », dixit Robert Parrish.

Martin Scorsese le clame haut et fort « C'est le plus grand film de l'histoire du cinéma américain ». Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon ont fait mieux : Ils l'ont choisi pour illustrer la couverture de leurs « 50 ans de cinéma américain ». Je veux parler de ce plan admirable où l'on voit John Wayne, de dos, s'éloigner pour aller rejoindre ce qui sera peut-être son destin. Un plan typiquement fordien car tout y est : émotion - sensibilité - tragédie. Un plan d'une noirceur shakespearienne. The Searchers (titre original) est une œuvre inclassable dans la filmographie de John Ford. Pour une fois, le héros fordien incarné habituellement par John Wayne, n'est plus le digne représentant de la nation américaine. Il n'a plus ces convictions, ces valeurs familiales et religieuses que John Ford aimait tant exalter (voir dans Les Raisins de la colère ou bien dans Vers son destin).

Du portrait d'Ethan (le personnage incarné par John Wayne), Ford fait un héros inhabituel chez lui excepté dans son acharnement à atteindre son but… Une quête ? Exactement ! La Prisonnière du désert raconte la quête d'Ethan. Celui-ci revient, on ne sait d'où, chez son frère. Au cours d'un raid commanche, le frère et toute sa famille sont massacrés; ne reste que la fille cadette, Debbie. Pendant des années, Ethan et Martin (celui-ci fut trouvé par Ethan lorsqu'il n'était qu'un bébé), pourchassent Scar, le chef indien. Ils apprennent que Debbie est vivante. Ethan pense alors à la tuer car après ces années, devenue indienne, elle serait irrécupérable. Martin refuse cette solution. Ils la retrouvent mais la rencontre se transforme en massacre. Ethan parvient à scalper Scar et conduit Debbie dans une famille amie qui l'accueille. Il repart ensuite, seul, on ne sait où.

Ethan (John Wayne) et Martin (Jeffrey Hunter) sont deux êtres diamétralement opposés. L'un est irascible et ambigu, l'autre est courageux mais désordonné. Leur opposition sera violente mais nécessaire. En effet, en ramenant Debbie, Ethan sait pertinement qu'il ne pourra pas rester avec elle. Il a appris tout au long de cette quête initiatique, qu'il était fautif dans tous les sens du terme. C'est parce qu'il s'est exclu du groupe (la famille) qu'il ne peut qu'errer dans la vie (voir la dernière séquence du film). Plus qu'une fable philosophique, cet œuvre est une méditation sur l'exclusion et sur les différentes formes de haine que cela peut engendrer.

Il n’y a pas de mots, pas de phrases pour qualifier les cinq premières minutes de cet œuvre. Plan 1 : fond noir. Deux indications. Une date et un lieu, 1888 au Texas. Plan 2 : une porte s'ouvre. Une musique, une ballade langoureuse et nostalgique. Une jeune femme, de dos, apparaît dans le champs. Elle se trouve sur le perron de sa maison. Rapidement, elle est rejointe par tous les membres de sa famille. Ils aperçoivent au loin, un mystérieux cavalier qui se dirige vers eux. Ils le reconnaissent…. C'est Ethan.

Dès le début, Ford réussit à nous émerveiller par la qualité technique de sa mise en scène et par la grâce de ses interprètes. De plus tous les thèmes de cette histoire sont présents. D'un côté, nous avons cette famille soudée autour d'un personnage central, la mère. De l'autre côté, se tient cet homme énigmatique qu'on a du mal à distinguer et qui n'est autre que Ethan. L'individualisme face à la solidarité !

Les « entrées » et les « sorties » dans l'œuvre de Ford ont toujours été très présents. Dans The Searchers, il y en a peu sauf dans la première et dernière séquence. Je m'explique : Ford a ouvert un livre, probablement un recueil d'histoires sur l'Ouest américain. Le récit qu'il a choisi de nous faire partager, se déroule en 1888 au Texas.

1 L'Entrée : la mère ouvre la porte de sa maison pour voir arriver Ethan.
2 La Sortie : Ethan ramène Debbie chez elle. La porte (symbole) se referme sur Ethan, quittant cet endroit, complètement seul.


Comme chez Rossellini, le mode de narration est rigoureusement mis en valeur par une mise en scène qu'on pourrait qualifier de lyrique. Le but que s'est donné Ford est de rendre plus vrai les sentiments des protagonistes. Pour cela, il utilise de longs travellings qui lui permettent d'intensifier la beauté de leurs visages. John Ford, le cinéaste du regard.

La Prisonnière du désert est à rapprocher de La Grande illusion pour son humanisme. Même si pour la première fois dans sa carrière, Ford a réalisé un film douloureusement pessimiste, il n'a pas oublié de glorifier des valeurs qui lui sont chères, la famille et l'honneur de l'être humain.
[email]Samir Ardjoun[/email]


mardi 18 juillet, 22h : Cinéma en plein air à la villette
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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Mar 4 Sep - 21:48

A propos de «La prisonnière du désert»


J’écris ce post en écoutant Kris Kristofferson, deux albums, San Francisco Mabel Joy et This old Road. C’est assez étonnant comment ce grand acteur-chanteur chante faux et pourtant bien. Fin de la parenthèse, qui, sans doute, n’intéresse que moi.
Revenons à John Ford. Un de mes correspondants me reproche gentiment : «Mais vous oubliez The Searchers ! (La prisonnière du désert) Quand même ! Que Deus le abencoe (sic), Edouard !» Revenons donc à cette Prisonnière du désert. D’abord, mais ce n’est en rien un argument, ce film n’est pas projeté dans la rétrospective de l’Institut lumière. On est en droit de le regretter, et de toute façon, ce n’est pas de cela que je veux parler


.

La Prisonnière du désert a été l’un des premiers Ford à être reconnu par la Nouvelle Vague, qui a souvent snobé les films de ce descendant d’Irlandais. Il me semble que Jean-Luc Godard aimait beaucoup ce film, qu’il a écrit quelque part (je ne me souviens plus où) qu’à la fin, quand John Wayne, Ethan Edwards, prend Nathalie Wood, la nièce d'Ethan devenue indienne, dans les bras, on ne peut qu’essuyer une larme. Enfin à peu près.
Les Anglo-saxons n’étaient pas en reste. Dans The Cinema of John Ford, John Baxter n’est pas moins dithyrambique qui écrit «peut-être le plus parfait des exposés philosophiques de Ford». Et Andrew Sarris, suiveur new-yorkais des Cahiers du cinéma, de renchérir dans The John Ford Movie Mystery en qualifiant le film de «son poème le plus éloquent».



Enfin, Joseph McBride, fordien émérite, auteur du livre à paraître en français sur le sujet (je vous rappelle, A la recherche de John Ford une vie, chez Actes Sud), d’enfoncer le clou, en collaboration avec Andrew Wilmington dans leur John Ford commun : «La prisonnière du désert a cette qualité à la fois précise et intangible qui caractérise le chef d’œuvre d’un artiste.» Fermez le ban !
Auteur d’un bouquin vraiment original sur Ford, Lindsay Anderson, cinéaste (If) et animateur du free cinéma anglais des années 60, écrivit quelque chose d’heureusement dissonant sur ce film : «Mon propre jugement sur La prisonnière du désert au moment de sa sortie était déjà beaucoup moins dithyrambique et je n’ai pas changé d’avis depuis… C’est une œuvre impressionnante, celle d’un grand artiste, mais elle ne peut figurer parmi les chefs d’œuvre de Ford

.

C’est un film exceptionnellement bien fait. Dès le début, les plans sont composés avec brio, avec des mouvements et des tableaux majestueux. Le prologue donne le ton…»
Et Lindsay Anderson de raconter le plan d’arrivée d’Ethan Edwards (John Wayne) puis le sujet du film.
C’est plus loin qu’il émet ses réserves. Il trouve que Ford en fait un peu trop, qu’il surcharge Ethan Edwards d’une destinée noire. Nathan part en solitaire à la fin alors qu’«aucun des personnages du film n’a fermé (la) porte,… que personne ne souhaite rejeter Ethan. … Cette fin est belle mais lui manque



l’authenticité, le "naturel" propre au génie de Ford.»
En fait c’est pratiquement son maniérisme qu’Anderson reproche ici à Ford. De faire un cinéma trop conscient de lui-même.
Je conseille à tous les amoureux fous de Ford de lire le John Ford de Lindsay Anderson (Hatier, dans une collection, la bibliothèque du cinéma, dirigée à l’époque, 1985, par Gilles Jacob).


P.S. Sergeant Rutledge, en français Le sergent noir, tourné par Ford en 1960 ressort ce mercredi à Paris. Ce film écrit par Willis Goldbeck et l'ancien complice de Ford, James Warner Bellah, contre le racisme



n’est pas un des plus grands films de son réalisateur, sauf par moments. James Warner Bellah, qui avait rompu avec Ford depuis des années et faisait son retour auprès de lui à cette occasion, nota d’ailleurs sur le tournage que le grand borgne «avait perdu un peu de sa fougue».
N'empêche qu'un film un peu fatigué d’un grand maître vaut bien les essais énervés de certains petits malins d’aujourd’hui. Et puis, il témoigne aussi de ce tournant de la fin des années 50 et début des années 60, les années Kennedy, qui porta plus d’un cinéaste à s’intéresser à la question raciale. Plus d'un conservateur à se prendre pour un libéral.
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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Mer 5 Sep - 23:50

Tout simplement, mon western favoris Very Happy et la meilleur prestation de John :godbless:
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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Sam 8 Sep - 9:11



Monumental Valley





La prisonnière du désert - John Ford





Etats Unis, 1956, 120 min.


John Ford, grand personnage d'origine irlandaise fait partie de « ce petit groupe de cinéastes américains qui n'ont jamais changé avec les années. Rien n'a pu entamer leurs convictions. Durant l'âge d'or du muet, ils étaient les maîtres à bord ; ils n'ont pas perdu leur liberté », dixit Robert Parrish.Martin Scorsese le clame haut et fort « C'est le plus grand film de l'histoire du cinéma américain ». Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon ont fait mieux : Ils l'ont choisi pour illustrer la couverture de leurs « 50 ans de cinéma américain ». Je veux parler de ce plan admirable où l'on voit John Wayne, de dos, s'éloigner pour aller rejoindre ce qui sera peut-être son destin. Un plan d'une noirceur shakespearienne.
The Searchers (titre original) est une œuvre inclassable dans la filmographie de John Ford. Pour une fois, le héros fordien incarné habituellement par John Wayne, n'est plus le digne représentant de la nation américaine. Il n'a plus ces convictions, ces valeurs familiales et religieuses que John Ford aimait tant exalter (voir dans Les Raisins de la colère ou bien dans Vers son destin).

Du portrait d'Ethan (le personnage incarné par John Wayne), Ford fait un héros inhabituel chez lui excepté dans son acharnement à atteindre son but… Une quête ? Exactement ! La Prisonnière du désert raconte la quête d'Ethan. Celui-ci revient, on ne sait d'où, chez son frère. Au cours d'un raid commanche, le frère et toute sa famille sont massacrés; ne reste que la fille cadette, Debbie. Pendant des années, Ethan et Martin (celui-ci fut trouvé par Ethan lorsqu'il n'était qu'un bébé), pourchassent Scar, le chef indien. Ils apprennent que Debbie est vivante. Ethan pense alors à la tuer car après ces années, devenue indienne, elle serait irrécupérable. Martin refuse cette solution. Ils la retrouvent mais la rencontre se transforme en massacre. Ethan parvient à scalper Scar et conduit Debbie dans une famille amie qui l'accueille. Il repart ensuite, seul, on ne sait où.

Ethan (John Wayne) et Martin (Jeffrey Hunter) sont deux êtres diamétralement opposés. L'un est irascible et ambigu, l'autre est courageux mais désordonné. Leur opposition sera violente mais nécessaire. En effet, en ramenant Debbie, Ethan sait pertinement qu'il ne pourra pas rester avec elle. Il a appris tout au long de cette quête initiatique, qu'il était fautif dans tous les sens du terme. C'est parce qu'il s'est exclu du groupe (la famille) qu'il ne peut qu'errer dans la vie (voir la dernière séquence du film). Plus qu'une fable philosophique, cet œuvre est une méditation sur l'exclusion et sur les différentes formes de haine que cela peut engendrer.

Il n'y a pas de mots, pas de phrases pour qualifier les cinq premières minutes de cet œuvre.
Plan 1 : fond noir. Deux indications. Une date et un lieu, 1888 au Texas.
Plan 2 : une porte s'ouvre. Une musique, une ballade langoureuse et nostalgique. Une jeune femme, de dos, apparaît dans le champ. Elle se trouve sur le perron de sa maison. Rapidement, elle est rejointe par tous les membres de sa famille. Ils aperçoivent au loin, un mystérieux cavalier qui se dirige vers eux. Ils le reconnaissent…. C'est Ethan.

Dès le début, Ford réussit à nous émerveiller par la qualité technique de sa mise en scène et par la grâce de ses interprètes. De plus, tous les thèmes de cette histoire sont présents. D'un côté, nous avons cette famille soudée autour d'un personnage central, la mère. De l'autre côté, se tient cet homme énigmatique qu'on a du mal à distinguer et qui n'est autre que Ethan. L'individualisme face à la solidarité !

Les « entrées » et les « sorties » dans l'œuvre de Ford ont toujours été caractéristiques de l'oeuvre de John Ford. Dans The Searchers, il y en a peu sauf dans la première et dernière séquence, comme si Ford ouvrait un livre, probablement un recueil d'histoires sur l'Ouest américain. Ouvert avec la mère qui ouvre la porte de sa maison pour voir arriver Ethan et refermé avec Ethan qui ramène Debbie chez elle.

La Prisonnière du désert est à rapprocher de La Grande illusion pour son humanisme. Même si pour la première fois dans sa carrière, Ford a réalisé un film douloureusement pessimiste, il n'a pas oublié de glorifier des valeurs qui lui sont chères, la famille et l'honneur de l'être humain.

La prisonnière du désert
De John Ford
Avec John Wayne, Natalie Wood, Jeffrey Hunter
Etats Unis, 1956, 2h
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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Dim 9 Sep - 15:39









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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Ven 14 Sep - 7:49

La fin-The end.

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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Ven 14 Sep - 23:04

Magnifique, quel grand film !!!!!!
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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Lun 24 Sep - 22:17

THE MAKING OF THE SEARCHERS-PART ONE



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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Lun 24 Sep - 22:20

THE MAKING OF THE SEARCHERS-PART TWO



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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Lun 24 Sep - 22:22

THE MAKING OF THE SEARCHERS-PART THREE


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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Jeu 27 Mar - 16:54

Commentaire trouver sur le net :

http://www.pointscommuns.com/la-prisonniere-du-desert-commentaire-cinema-68067.html

Citation :

John, clint et moi...


catégorie : critique ou information sur l'oeuvre ou l'artiste




Plusieurs personnes m’ont dit que j’avais « des goûts de mec » sous prétexte que j’aime les westerns. Je ne sais d’ailleurs pas d’où me vient ce penchant pour ce genre cinématographique. Peut-être parce que, quand la télé a fait son apparition chez moi, le premier film que j’ai vu c’était « Comanche », avec Richard Widmark. A l’époque (je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître), tous les dimanches après-midi, la télé diffusait un western. « Bagarre à OK Corral », « L’homme aux colts d’or », « La poursuite fantastique », « La captive aux yeux clairs »... Henri Fonda et John Wayne, Audy Murphy et Alan Ladd... Les duels au revolver, les attaques des Indiens, les relais des diligences...
Fin de la séquence nostalgie.
Puis sont venus les westerns spaghetti. Je les ai d’abord trouvés sacrilèges. Ils osaient rompre avec MA conception du western ! Puis est venu Sergio Leone. Des acteurs charismatiques (Cliiiiiiiiiiiiiint !!!), des répliques impérissables (« Dans la vie il y a deux sortes d’hommes, ceux qui ont un revolver chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses. »), une démythification du western classique (quitte à recréer un autre mythe, d’ailleurs).
Les westerns se font maintenant plus rares. Mais certains sont somptueux. « Impitoyable », du grand Clint, crépusculaire à souhait (je sais, cette épithète a traîné dans toutes les critiques cinématographiques de l’époque, mais je n’ai pas trouvé mieux). Plus récemment, « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford », avec un étonnant Casey Affleck.
Mon préféré, celui que je considère comme la quintessence du western, c’est « La prisonnière du désert », de John Ford. Une narration d’une fluidité exemplaire, le temps que l’on voit passer grâce aux saisons qui défilent et aux tempes de John Wayne qui blanchissent. Un héros pas si positif que ça, avec des zones d’ombre que le film n’éclaire pas totalement, des personnages secondaires bien typés, des fusillades pour tuer et des bagarres pour rire. Le rôle des portes aussi. Quand Ethan, le personnage joué par John Wayne, apparaît la première fois, on le voit arriver, de loin, par la porte ouverte d’une ferme. A la fin, on le voit s’éloigner, par la porte ouverte d’une autre maison. La quête est terminée. La boucle est bouclée.
C’est peut-être pour ça que j’aime les westerns, parce qu’il y a ces grands espaces, parce que certaines histoires tiennent de la tragédie grecque... Peut-être...
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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Dim 11 Mai - 14:21

La Prisonnière du désert (The Searchers)



La Prisonnière du désert (The Searchers)


Article de Samir Ardjoum


Patience, démesure et écriture inspirée. Ford filme les quêtes, il rédige des certificats de bonheur et on verse des larmes. Grand film, grande vie, grand souvenir. Tout est dit dans ces métrages de pellicule. La vie ne sera plus jamais comme avant.

Il existe une énigme dans l'œuvre fordienne qui fut régulièrement soulevée et jamais résolue, tant le comportement étrange du cinéaste peut nous laisser parfois sceptique. Doublé du syndrome Jekyll & Hyde, Ford peut commettre des maladresses impressionnantes (Mogambo, avec sa vision colonialiste d'une Afrique exotique), et des œuvres teintées d'un humanisme irréprochable (Les Cheyennes). Au fil des ans, Ford est devenu un homme tranquille, qui s'est mis volontairement en dehors de la route semée d'étoile tracée par Hollywood. Déçu par ses contemporains, blessé dans son amour-propre, le cinéaste bougon refuse de voir la réalité en face, et s'enferme dans une solitude désarmante où l'alcoolisme ne tardera pas à le rejoindre. Ford n'a jamais compris l'intérêt d'une guerre, n'a jamais participé aux mouvements anti-indiens ("Soyons juste. Nous les avons mal traités. C'est une véritable tache dans notre histoire. Nous les avons roulés, volés, tués, assassinés, massacrés, et, si parfois, ils tuaient un homme blanc, on leur expédiait l'armée"), et rejette cette Amérique médiocre, puritaine et submergée par les lois des médias. Et, comme tout romantique abandonné, Ford réglera finalement ses comptes avec quelques hérauts de la chienlit.

En 1956, Ford réalise une œuvre pessimiste, réaliste et idéaliste, pour administrer une claque à son public. Grand personnage d'origine irlandaise, il fait partie de « ce petit groupe de cinéastes américains qui n'ont jamais changé avec les années. Rien n'a pu entamer leurs convictions. Durant l'âge d'or du muet, ils étaient les maîtres à bord ; ils n'ont pas perdu leur liberté », dixit le cinéaste/monteur Robert Parrish. Plus loin, Martin Scorsese le clame haut et fort « C'est le plus grand film de l'histoire du cinéma américain ». Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon ont fait mieux : ils ont choisi pour illustrer la couverture de leur « 50 ans de cinéma américain », l’ultime plan du film qui voit John Wayne, de dos, s'éloigner pour aller rejoindre ce qui sera peut-être son destin.

La Prisonnière du désert raconte la quête d'Ethan. Celui-ci revient, on ne sait d'où, chez son frère. Au cours d'un raid commanche, le frère et toute sa famille sont massacrés ; ne reste que la fille cadette, Debbie. Pendant des années, Ethan et Martin pourchassent Scar, le chef indien. Ils apprennent que Debbie est vivante. Ethan pense alors à la tuer, car après ces années, devenue indienne, elle serait irrécupérable. Martin refuse cette solution. Ils la retrouvent, mais la rencontre se transforme en massacre. Ethan parvient à scalper Scar, et conduit Debbie dans une famille amie qui l'accueille. Il repart ensuite, seul, on ne sait où.
Ethan et Martin (Jeffrey Hunter) sont deux êtres diamétralement opposés. L'un est irrascible et ambigu, l'autre est courageux mais désordonné. Leur opposition sera violente mais nécessaire. En ramenant Debbie, Ethan sait pertinemment qu'il ne pourra pas rester avec elle. Il a appris tout au long de cette quête initiatique, qu'il était fautif dans tous les sens du terme. C'est parce qu'il s'est exclu du groupe (la famille), qu'il ne peut qu'errer dans la vie.

Thématique saugrenue dans la filmographie de Ford, qui ne cache pas son antipathie pour Ethan. Pour une fois, le héros fordien, incarné habituellement par John Wayne, n'est plus le digne représentant de la nation américaine. Il n'a plus ces convictions, ces valeurs familiales et religieuses que John Ford aimait tant exalter (voir dans Les Raisins de la colère ou bien dans Vers son destin).
Cette nouveauté, cette configuration scénaristique séduisit la critique et dérouta le public. Wayne, personnage ultranationaliste dans la vie, joua pour la première fois avec une sincérité déconcertante. Jeffrey Hunter, partisan d’une gauche démocratique, usa de son charisme auprès de Ford pour malmener légèrement le personnage d’Ethan. Le résultat est explosif. C'est le milieu des années 50, et le monde change. L’Amérique croule sous des idées progressistes qui vont balayer les vieillards des décennies passées. Ford, l’un de ces borgnes misanthropes, sait que le vent était en train de tourner, et finit par se pencher du côté de ses ennemis démocrates. Le film, en cela, est merveilleux.

La mise en scène, par exemple, est un modèle de sobriété. Usant de flashbacks poétiques, de procédés narratifs assez simples mais rarement utilisés dans le cinéma américain des années 50 (la lecture d’une lettre peut ouvrir une séquence), Ford dilate le temps et profite du soleil californien pour apaiser nos sens. Les personnages prennent du poids, chantent à tue-tête, parcourent les allées sans broncher et se bagarrent de temps en temps. Voir le quotidien évoluer dans un film de Ford, c’est assister à une théâtralité exquise des sentiments. Plusieurs exemples peuvent émouvoir. De cette belle-sœur caressant la veste d’Ethan, symbole d’un non-dit amoureux, de ce regard triste et vide à la fois du même Ethan en direction de la maison en flamme de son frère, de ce plan large où la silhouette de Natalie Wood grandit progressivement jusqu’à s’emparer du cadre, et surtout de cette séquence où John Wayne soulève sa nièce en lui clamant ces quelques mots : « Let’s go home Debbie ». Oui, il y a du lyrisme, du panache et des sentiments, chez ce réalisateur qui s’obstina à se présenter comme étant un simple réalisateur de westerns.

The Searchers reste avant tout un beau livre d’histoire. De belles images, de belles reconstitutions soignées, et des héros au grand cœur. L’Ouest de la fin du 19e siècle regorgeait de ces bandits romantiques, de ces diligences fantastiques et de ces pépites passionnantes. De ce décor abrupt, John Ford, le borgne bourru d’Hollywood, en tira une œuvre mystérieuse, planante et somptueusement radicale. Dans La Prisonnière du désert, le Bien et le Mal se croisent, se déchirent et s’aiment. Ce sera donc son chant du cygne. Et cela se voit, cela s’entend dans ce troublant texte de la ballade finale, qui demeure la plus belle définition de l'esprit cinéphile trouvée dans un film : " L'homme s'en va à la recherche de son âme, il cherchera loin, très loin, la paix de son coeur, il la trouvera, mais où Seigneur ? Seigneur, où donc, en s'éloignant, au loin ".




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Edito de la semaine du 7 mai 2008
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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Mer 2 Juil - 15:43

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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Lun 8 Juin - 11:30

Profondeur fordienne
catégorie : critique ou information sur l'oeuvre ou l'artiste


On souligne souvent dans les commentaires sur Ford, en particulier sur ses westerns, la vigueur et le pittoresque des caractères, la chaleur des ambiances « rustiques », l’humanité souriante de son univers.
Chacun a en mémoire une des mémorables bagarres opposant John Wayne à Victor McLaglen, lequel incarne invariablement un sous-officier soulard et râleur.

On salue en général le souffle épique et généreux des meilleurs films du réalisateur irlandais, mais en rappelant qu’il y a chez lui une moindre conscience des moyens techniques mis en œuvre, et un propos moins intellectualisé que chez Hitchcock ou Welles par exemple.
Je voudrais ici nuancer cette vision, juste mais un peu réductrice, de l’œuvre de Ford.

La PRISONNIERE DU DESERT (1955), bien mieux décrit par son titre original The SEARCHERS (Les chercheurs), est sans doute l’un des films les plus à même de démontrer la force et la profondeur de l’inspiration fordienne. Et l’extrême lucidité de son propos moral.

Tout d’abord, le personnage d’Ethan (John Wayne) est l’un des héros les plus ambiguë et les plus sombres que le cinéma américain du Golden Age nous ait offert.
En contraste total avec son frère, brave fermier et père de famille, Ethan est un être brutal et asocial, à la marge de la légalité. Il incarne une forme limite du héros de western classique, qui n’existe que par l’action.

Le but de sa quête est des plus incertains : veut-il venger sa famille assassinée, libérer sa nièce, ou donner un sens à sa vie ..? Car d’où vient-il ? Quel est son but quand il rejoint la ferme de son frère ?
Et quel sens peut conserver une recherche qui dure d’aussi nombreuses années ? Que retrouvera t’il de l’enfant enlevée jadis par les comanches ?

L’évolution du personnage, aigri et désespéré, est telle qu’on ne sait pas, quand il retrouve enfin Debbie à la fin du film, s’il veut la sauver ou la tuer !
A ses côtés, le jeune Martin incarne au contraire une sorte de norme, celle de la justesse morale et, malgré sa jeunesse, de la sagesse face à la noire monomanie d’Ethan.

Ce dernier est bien le centre du film et les autres personnage de l’histoire sont des « fictions didactiques », éclairant par contraste la singularité d’Ethan.
La figure éminemment fordienne du révérend Clayton, prêtre et ranger, incarne ainsi doublement l’ordre et l’autorité, sur un plan moral et sur un plan social. La tension qui caractérise ses relations avec Ethan découle naturellement du statut indépendant que ce dernier revendique.

Le jeune Martin qui accompagne Ethan dans sa recherche est le jeune héros classique placé face au choix d’une vie : une vie d’aventure à ses côtés ou un mariage qui l’intégrerait à la communauté (enfant adopté ayant du sang indien, il fait lui aussi quelque peu figure d’isolé). Si au départ il admire et respecte son aîné, il est assez conscient pour ne pas suivre la même voie et s’oppose souvent à ses excès de violence. Il est le personnage auquel le spectateur s’identifiera le plus facilement.
Moses, le vieux fou, est au contraire une projection du danger qui guette peut-être Ethan dans plusieurs années. Esprit égaré par une vie de solitude et d’épreuves qu’on devine très dures, il n’aspire plus qu’à se balancer "dans son rocking chair », comme lui-même le répète à plusieurs reprises.

Au delà de la recherche de Debbie qui forme le corps principal du récit, plusieurs plans indiquent que le thème du film est autre. Le premier plan du film, caméra à l’intérieur de la ferme d’Aaron, nous montre Ethan à cheval approchant. Le dernier plan, presque identique, nous le montre de l’intérieur de la maison, s’éloignant, n’ayant ni changé ni rien gagné dans cette quête.

Le moment pivot du film , quand il retrouve enfin Debbie, est cadré d’une manière similaire : la caméra est tapie au fond d’une caverne dans la montagne, immobile, comme si elle attendait depuis le début du film cet instant de révélation. Debbie s’effondre au sol en entrant dans la caverne avant d’être saisie et soulevée à bout de bras par Ethan, comme on le ferait d’un tout jeune enfant ou d’un nouveau-né. Moyen aussi de suggérer qu’après sa vie chez les comanches, la jeune fille, contre toute attente, renait pour les siens.

Ces parallélismes formels suffisent à établir que le propos central du réalisateur réside dans une dialectique intérieur/extérieur, foyer/aventure, sécurité/danger, communauté/solitude, qui peut aussi bien se comprendre comme servitude/liberté.

Face à ce choix, Ethan persiste dans son attitude antérieure, il repart et refuse la règle commune, pour le meilleur ou pour le pire (la manière dont Ford nous le montre tout au long du film, accentuant de manière frappante dans certains plans la dureté de ses traits, fait plutôt pencher pour cette seconde éventualité).

THE SEARCHERS est ainsi un regard sur les dangers et les sacrifices qui attendent celui qui décide de choisir la liberté et de refuser la norme.
Il n’est pas certain que Ford ne voit pas là une forme de folie individuelle, mais il s’abstient de formuler aucun jugement explicite.
Là encore, le personnage de Martin forme un contraste didactique : on sait qu’une fiancée l’attend et que sa vie aventureuse au côté d’Ethan n’aura été qu’un épisode.

Si les scènes décrivant la petite communauté rurale avec sa galerie de personnages frustes et attachants sont bien présentes, on trouve aussi les traces d’une cruauté qui faire partie intégrante de l’univers de Ford, bien que rarement mise en avant.
Ainsi quand Ethan tire deux balles dans les yeux d’un indien mort, pour lui interdire l’accès au paradis des guerriers. Cruauté encore renforcée par les mimiques de Moses qui semble s’amuser de la scène.
cette dureté du regard, à la limite de l’inhumanité, porté sur certains personnages se rencontre ailleurs chez Ford.
Dans un film a priori aussi bon enfant que le CONVOI DES BRAVES, le clan de hors la loi qui rejoint la caravane est qualifié texto par un des héros de « serpents », et le réalisateur nous les dépeint explicitement comme une sorte de "harde" dont la solidarité est dictée par les considérations de survie les plus primaires. Ce sentiment 'avoir affaire à un groupe se situant hors de la norme humaine est encore renforcé par le fait qu'on ne sait jamais exactement quel est leur lien de parenté. L’un d’entre eux est une sorte de géant muet, et les autres simple d’esprit ou brute.

Dans THE SEARCHERS, la scène où les deux héros rencontrent de jeunes prisonnières à demi folles, venant d’être libérées des indiens par l’armée, est également d’une grande dureté.

Sur un plan technique, le sens narratif du réalisateur atteint ici une perfection et une économie rare : l’approche de la ferme par les comanches est suggérée uniquement au moyen de signes naturalistes : l’envolée de quelques oiseaux, un nuage de poussières, un hurlement de coyote, qui forment un tableau presque fantastique.
Le plan sur la fille aînée qui mort sa main pour ne pas hurler quand elle comprend ce qui va se passer témoigne aussi du sens du geste dramatique chez Ford.

Comme les grands chefs d’œuvres, THE SEARCHERS gagne à être vu et revu. C’est ainsi qu’on appréciera la qualité et la fluidité de la narration, la densité des cadrages, la justesse et la force des personnages, le rythme lent et majestueux du récit.


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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Mer 15 Juil - 10:11

La prisonnière du désert





Qu’est-ce que La prisonnière du désert ? Un désir d'étreinte. Le désir d’étreinte d'une petite fille avec sa poupée perdue, entre la jeune fille perdue et son oncle qui aurait pu être son père s’il n’avait prêté serment. Le titre original le sous-entend, l’action de chercher n’implique pas forcément la réussite de trouver, et la quête vaut autant que la réussite. Au-delà de la recherche de la jeune Debbie capturée par des Comanches, au-delà du sommet plastique de l'oeuvre, John Ford entreprend une quête qui transcende l’histoire de la famille Edwards, l’histoire de son pays via la conquête de l'Ouest, l’histoire des hommes. Une quête qu’il connait bien pour s’y être frotté à de nombreuses reprises. Jamais aussi intensément, et avec autant d’accomplissement. Une quête d’éternité, une quête de paix. Une quête d’absolu donc. L’éternité de John Ford dans The Searchers ? Un désir d’étreinte entre le ciel et les buttes rocheuses de Monument Valley. Formellement et pleinement assouvi quand John Wayne/Ethan Edwards soulève Nathalie Wood/Debbie pour la porter jusqu’au ciel. Et nous avec. Avant de l’étreindre. Au lieu de tuer, John Wayne serre dans ses bras. Le cosmos vient de retrouver son harmonie. Sa paix. Une colère qui s’évanouit revêt toujours un caractère divin. John Ford n’est jamais allé aussi loin. John Wayne non plus. A de rares exceptions près, nous n’avons jamais été porté aussi haut. Ni emporté avec autant de force.




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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Lun 20 Juil - 19:42

Merci à toi pour ces analyses, toutes aussi passionnantes les unes que les autres.

On en demande et redemande encore pour tous les films de notre acteur préféré!

Dukement,

:godbless:
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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Mer 29 Juil - 19:14

Oui merci bravo
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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Mar 29 Sep - 9:43












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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Mar 29 Sep - 10:34



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MessageSujet: Re: La prisonnière du désert - The searcher - 1956   Dim 29 Nov - 16:18

Un extrait des bonus du DVD "The Searchers"

Admirez, écoutez, regardez l’émotion est au rendez-vous………



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