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 John Wayne par RAPHAËLE BOUCHET (à l'occasion du centenaire)

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MessageSujet: John Wayne par RAPHAËLE BOUCHET (à l'occasion du centenaire)   Dim 27 Mai - 21:05

CINEMA. Les misères de l'Ouest
Paru le Vendredi 18 Mai 2007

http://www.lecourrier.ch/index.php?name=News&file=article&sid=436516
RAPHAËLE BOUCHET

CINEMA John Wayne aurait eu 100 ans cette année. L'occasion de se pencher sur le parcours de cette icône de la droite. Et sur le western, son genre de prédilection, qui connut son apogée dans les années 1950.
Parole de cinéaste: «John Wayne est un type charmant, mais mieux vaut éviter de lui parler politique.» Otto Preminger, qui l'avait dirigé dans Première victoire en 1964, raillait gentiment le plus célèbre des cow-boys du cinéma. Et pour cause: à l'écran comme dans la vie, John Wayne prenait à coeur son rôle de redresseur de torts. Au nom de la nation américaine et de ses valeurs. Résultat, le «Duke», qui fêterait ses 100 ans le 26 mai prochain, a longtemps traîné une réputation d'infâme réactionnaire.
En 1979, Rui Nogueira, nouveau directeur du cinéma CAC-Voltaire, le bastion du film d'auteur de Genève, proposait une rétrospective John Wayne. «C'était deux mois avant sa mort. Un tollé. Personne ne comprenait pourquoi je rendais hommage à cette icône de la droite, alors que tant de cinéastes de gauche méritaient d'être découverts.» Car en sus de ses activités de vacher, John Wayne s'était illustré par ses déclarations pro-guerre du Vietnam. Anticommuniste notoire, ce supporter de Nixon puis de Reagan avait présidé, dans les années 1950, l'association mac-carthyste «Pour la préservation des idéaux américains», dont Gary Cooper ou Ronald Reagan étaient aussi membres.
Dès le 26 mai prochain, jour du centenaire de sa naissance, le CAC-Voltaire consacrera une nouvelle rétrospective à John Wayne. «Parce qu'il demeure un pilier de l'histoire du cinéma, explique Rui Nogueira. Il n'est pas un grand acteur, mais une immense star qui joue juste et crève l'écran. Aujourd'hui, après les polémiques, il ne reste que les films.» Et de citer Rio Bravo, de Howard Hawks, «un feu d'artifice grandiose», La Chevauchée fantastique ou La Prisonnière du désert, de John Ford, «deux chefs-d'oeuvre incontournables». Il faudra peut-être réviser notre jugement sur John Wayne, estime Rui Nogueira. L'Ange et le mauvais garçon, de James Edward Grant, est un western pacifiste qu'il produit et pour lequel il impose le scénariste. Il y joue un hors-la-loi amoureux d'une femme quaker qui adhère peu à peu aux idéaux de non-violence.
Pourtant, l'engagement de John Wayne pour la nation est indéfectible. Père de quatre enfants, il échappe à la mobilisation durant la Seconde Guerre mondiale. Qu'importe: ses rôles de soldat, de marine ou d'aviateur lui permettront d'exprimer son soutien aux troupes. A tel point qu'une boutade fait le tour d'Hollywood: «Sans Wayne, comment aurions-nous pu gagner la guerre?»
Mais cet Irlandais d'origine – Marion Michael Morrison de son vrai nom –, est d'abord associé au western dit classique, qui connut son apogée dans les années 1950. Chez Ford ou Hawks, John Wayne campe souvent, non sans autodérision, le vieux mâle borné (La Rivière rouge, La prisonnière du désert), un peu raciste, mais qui connaît et respecte les Indiens et essaie d'éviter les massacres (Fort Apache, La Charge héroïque).


VIEUX MÂLE BORNÉ

Sans formation, John Wayne débute comme figurant chez John Ford. Raoul Walsh lui offre son premier grand rôle dans La Piste des géants en 1930. Le film est un échec. Les cinéastes oublient John Wayne, qui enchaîne les rôles de cow-boy chantant dans des productions bon marché. Dix ans plus tard, John Ford se souvient de lui pour jouer Ringo Kid, dans La Chevauchée fantastique. John Wayne devient une star, il a déjà 40 ans... et ne cessera de s'amuser de son propre vieillissement. Ironie ultime, Le dernier des géants, de Don Siegel, son dernier film, met en scène sa mort – et celle du western – alors que, malade du cancer, il ne lui reste que trois ans à vivre.
Certains acteurs ont des idées qui semblent presque toujours en adéquation avec leurs rôles. C'est le cas de John Wayne. «Mais rares sont les stars qui, comme lui, sont autant liées à un genre», ajoute Alain Boillat, maître assistant de la Section de cinéma de l'Université de Lausanne. «Comédien monolithique, John Wayne est considéré comme le garant des valeurs conservatrices prônées par un certain western, explique-t-il. Il incarne un héros proche du peuple, qui se méfie de l'élite.»
Pour autant, faut-il oublier cette figure de droite et le genre qui lui colle à la peau? «Aujourd'hui, la majorité des interprétations réduisent le western à son contenu idéologique. C'est trop réducteur, même si je ne nie pas que le genre véhicule les valeurs traditionnelles de l'Amérique», explique Fabrice Montebello, maître de conférence à l'Université de Metz. Pour lui, l'évolution du western dans l'histoire montre ses nuances et sa diversité (lire page suivante).
Et puis, finalement, la dimension esthétique l'emporte sur l'idéologie. «La prisonnière du désert montre un John Wayne obtus et raciste. Pourtant, à la fin, quand il retrouve la prisonnière, il laisse de côté sa haine et lui dit tendrement «Let's go home Debbie». La scène arrachera des larmes à Jean-Luc Godard.»
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MessageSujet: Re: John Wayne par RAPHAËLE BOUCHET (à l'occasion du centenaire)   Dim 27 Mai - 21:09

Icône réactionnaire, John Wayne ne s'est pas contenté d'écrire l'histoire officielle de la conquête de l'Ouest. En prise avec son temps, il est descendu de cheval pour aller pacifier, fusil M-16 ou colt Smith & Wesson au poing, la périphérie rouge et le coeur noir de l'empire yankee. En 1968, en pleine offensive du Têt, il co-dirige lui-même le premier film hollywoodien consacré à la guerre du Vietnam.
Au plus fort du conflit, Wayne signe avec Les Bérets verts une oeuvre de propagande anticommuniste, où des GI's patriotes au grand coeur volent au secours de la veuve et de l'orphelin et affrontent un Vietcong fourbe et cruel. Il faut voir le journaliste progressiste «embarqué» sur le front virer sa cuti en cours de métrage. Bénéficiant d'une aide logistique illimitée accordée par le président Johnson, Les Bérets verts polarise violemment l'opinion étasunienne. Il faudra attendre dix ans pour ouvrir un courant contraire, pessimiste et critique avec Voyage au bout de l'enfer de Michael Cimino et Le Retour de Hal Ashby . Retour au bercail et autre sale boulot pour Oncle John, avec un thème récurrent du polar urbain des années 1970: la justice expéditive prise en mains individuelles. Pressenti pour incarner L'Inspecteur Harry de Don Siegel (1971), John Wayne doit céder sa place à Clint Eastwood en raison de son âge. Et tandis que Charles Bronson, autre figure du western, y va de son Justicier dans la ville (1974), Wayne se rattrape avec deux rôles de flics aux méthodes peu orthodoxes dans Un silencieux au bout du canon (1974) de John Sturges et Brannigan (1975) de Douglas Hickox. Deux barouds d'honneur qui fleurent bon l'anarchisme de droite, avant le repos éternel bien mérité.
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